Pour les becs sucrés ou salés, 2014 s’annonce comme une grande année en matière de food. Spanky Few a rencontré Claire Deville alias Claire Lilly qui après avoir fait ses armes dans plusieurs clubs de la capitale, exerce aujourd’hui ses talents au Lapin Blanc (une adresse à tester !), chez Fricotti et Chair Faible.

claire deville

Hello Claire, peux-tu nous parler de ton parcours ? La cuisine a-t-elle toujours été une passion pour toi ? 

J’ai toujours cuisiné! Dans ma famille tout le monde cuisine, et avec mes frères et soeurs on a toujours participé à l’élaboration des repas. Faire à manger chez moi, c’est naturel. Savoir se nourrir, c’est un des fondamentaux de la vie. C’est par hasard que c’est devenu mon métier… Je suis tombée dans la cuisine en travaillant dans une chocolaterie, à l’âge de 19 ans.

Puis je me suis amusée à amener la cuisine là où on ne l’attendait pas, en organisant des événements « musico-culinaires »,  mêlant concerts et cuisine ( Brunch musicaux à Glaz’art, soirée Rock et Pizzas chez Régine…). Je me ensuite suis embarquée durant 3 ans avec Chloé Saada dans l’aventure Chloé.S, où j’ai énormément appris. Arrive enfin le beau projet du « Lapin Blanc », bar à vins naturels de la rue de Ménilmontant, où je nourris une nouvelle passion. Là encore, papilles et oreilles mélomanes font la fête ensemble ! Parallèlement je fonde Fricotti avec mon acolyte Florane Clouet, un traiteur axé sur la « confort food », les saveurs régressives, le « fait maison ». En septembre, j’ai rejoint le collectif artistique féminin Chair Faible, composé de jeunes femmes dynamiques et passionnées, avec lesquelles j’organise des évènements.

Que retiens-tu de toutes ces expériences ? 

J’ai beaucoup appris sur moi-même, et sur la capacité que l’on a tous à apprendre et à créer lorsque l’on se met vraiment au travail. J’ai découvert que je n’étais pas passionnée par la cuisine, mais par les gens ! C’est parce que j’aime les gens que j’ai envie de les nourrir, de partager avec eux de la convivialité et surtout la simplicité avec laquelle je conçois l’existence.

Quel est le plat dont tu es la plus fière ?

Les choux à la crème.  Sucrés ou salés… J’en fais tout le temps ! Et je n’ai que d’excellents retours. C’est encourageant ! C’est le produit que l’on met en avant avec Fricotti.

Quel est ton plus gros raté culinaire ? 

Sous l’influence d’une très bonne amie indienne, j’ai voulu un jour réaliser un curry de pommes de terres et choux-fleurs. Je ne sais pas encore comment je m’y suis prise, mais c’était une catastrophe ! Depuis, même si mon amie m’a bien coachée, je la laisse faire !

choux sucrés

Nous assistons en ce moment à un véritable raz de marée de burgers, hot dog, food trucks… Qu’en penses-tu ?

Je suis une grande gourmande, et parmi mes amis, je suis toujours celle qui veut « aller manger un truc »… Je suis forcément sensible à cette disponibilité ! J’aime l’esprit d’entreprise et la créativité que ça draine.

Pour certains, la crise incite les gens à se tourner vers des valeurs sûres comme la cuisine. Qu’en penses-tu ?

Je pense que ce retour aux fondamentaux est essentiel et inévitable. Sans forcément être un grand chef, la cuisine au quotidien c’est simple, ça ne prend pas tant de temps, c’est moins cher et ça permet d’enrayer un système de consommation aberrant. Il faut juste s’y intéresser…

Avec des émissions comme Masterchef et avec la prolifération des blogs culinaires, on a le sentiment que chacun est un chef dans l’âme. Qu’en penses-tu ?

Je pense que tout le monde est capable. Il faut aimer ça, être confiant et travailler. Mais on peut apprendre à mettre en valeur les produits et faire des choses très bonnes avec simplicité, sans pour autant tout intellectualiser ou aller flirter avec les élites de la cuisine…

Quels sont tes derniers coups de cœur culinaires ?

Je suis actuellement en voyage au Nouveau-Mexique où j’ai découvert mille et une façons de déguster du chocolat chaud : des grands crus de cacao mariés avec du chili, des épices, des eaux florales, des laits de céréales… J’ai gouté quelques merveilles !

Quelle est la pire tendance food pour toi ? 

La verrine! Vraiment, je n’ai jamais compris… Mousses insipides, textures suspectes…  Pourquoi ?

Et quelles seront les tendances food de 2014 ? 

Je pense que les grandes stars de 2014 seront les produits hybrides, la pâtisserie salée. Je pense aussi que les légumes vont revenir sur le devant de la scène avec des initiatives urbaines de « street potager »…

claire deville

Le Lapin Blanc, 84 rue de Ménilmontant, Paris XXe
Fricotti
Chair Faible

A propos de l'auteur

Déborah Larue
Créatrice de Spanky Few