1989, on rit du look de Melanie Griffith dans « Working Girl », qui du New Jersey arrive baskets aux pieds dans son office très chic de Manhattan. L’idée d’être confort nous plait, mais de là à tenter le look tailleur basket, non…

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Styletto, plateform, talon de 12 cm… oui c’est beau, oui c’est chic, mais là nos pieds disent stop. La petite ballerine arrive à la rescousse pour nous soulager, mais ce n’est pas assez pour nos petits petons si cruellement torturés pendant toutes ces années ! La chaussure a dû s’adapter au nouveau mode de vie urbain, qui nous impose un déplacement de plus en plus fréquent et rapide. La solution : le vrai confort, le moelleux d’une bonne paire de baskets. Et nous voilà aujourd’hui transformées en Working Girl des années 2000. Heureusement entre-temps le côté statutaire de la mode est tombé. Maintenant les marques, les stylistes et le marketing sont passés par là histoire de nous rendre cette basket plus digeste, voire carrément tendance.

En 2006, le créateur Pierre Hardy qui adore détourner la typologie des chaussures pour en faire une pièce mode, et sportif amateur, est le premier a avoir l’idée. Il demande a ses collaborateurs de lui créer une basket mode et urbaine. Pari gagné, depuis toutes les marques du luxe au prêt-à-porter en passant par les grandes marques de sport comme Nike et Reebok nous livrent chaque saison des collections de baskets urbaines et féminines qui flattent notre look et apaisent nos pieds.

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Nous avons rencontré Cécile Coulot, anciennement Collection Manager chez Pierre Hardy, aujourd’hui directrice accessoire chez SMCP (Sandro Maje Claudie Pierlot).

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Pierre Hardy fut en 2006 un des tout premiers à lancer une collection basket de créateur, d’où est venue l’idée : un savant calcul ou juste une envie ?

Les deux, une envie créative et l’opportunité de se positionner, car à l’époque ça n’existait pas ! Notre métier c’est d’anticiper les futures tendances donc je dirais une savante envie !

D’où est venue cette « savante » envie ?

Au début des années 2000, les codes vestimentaires ont volé en éclat, la tenue de la femme a commencé à se décontracter et à se démocratiser. 10 ans avant c’était impensable d’envisager une femme, d’autant plus active, autrement qu’en tailleur et talons.

Produit-on une basket de créateur comme une basket de sport ?

Absolument pas, car elles n’ont pas le même axe : la basket de créateur a un axe esthétique et la basket sportive est sur un axe fonctionnel. La basket de créateur est fabriquée avec des matériaux nobles et luxes comme le cuire métallisé, le cuire embossé… Alors que pour une basket de sport on préférera des matières synthétiques, comme la mousse pour sa résistance, sa légèreté et son amorti.

Qui étaient les premiers visés en lançant la basket de créateur ?

On vise toujours les mêmes en premiers : les fashions victimes. On a constaté un vrai engouement correspondant à des nouvelles envies, une nouvelle ère, celle du confort. Il y a aussi une concomitance avec la crise, les gens souffrent au travail, dans leur vie, ils ne veulent pas en plus souffrir en marchant. Et puis, maintenant on se doit d’être mobile et rapide donc d’être confortable.

La basket s’est-elle socialement démocratisée ?

La basket a toujours été un produit démocratique, tu peux acheter les mêmes baskets qu’un sportif. Et puis le sport est une activité démocratique où tout le monde est à la même échelle.

Dans l’esprit collectif (socialement) qu’elle place tient la basket ?

Tout le monde a au moins une paire de baskets, c’est la chaussure amie celle qui est utile, celle qui va t’aider. Ne dit-on pas « bien dans ses baskets ».

La basket de créateur va-t-elle reste une pièce importante dans nos armoires encore longtemps ?

Elle est désormais inscrite dans le vestiaire de tout le monde donc oui.

Peux-tu nous révéler la prochaine tendance niveau chaussures ?

De nouvelles tendances aussi fortes, comme la basket de créateur ou comme l’a été l’arrivée de la mini-jupe, c’est ce qu’on appel un état « statement » c’est quelque chose de rare dans la mode il y en a tous les 20 ans.

Et pour compléter cet article :

« Sneakers, objets de désirs » jusqu’au 13 janvier 2016 au Crédit Municipal, 55 rue des Francs-Bourgeois, Paris 4e. Du lundi au vendredi de 9h à 18h. Jeudi jusqu’à 19h et samedi de 9h à 17h. Entrée libre.

A propos de l'auteur

Bérénice Laroche
Journaliste Style

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