À dix-huit ans, Sonita Alizadeh a déjà échappé à deux mariages forcés. Après s’être exprimée à travers le morceau de rap Brides for sale, la jeune femme est devenue un symbole pour des milliers de femmes à travers le monde.

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La vie de Sonita Alizadeh débute malheureusement comme celles de trop nombreuses jeunes afghanes. Lorsqu’elle a 10 ans, sa mère évoque pour la première fois le mariage avec un homme inconnu. Plus tard, la famille est contrainte de déménager en Iran où Sonita apprend seule à lire et à écrire. Elle y découvre aussi Eminem et d’autres rappeurs dont elle devient fan. À l’âge de seize ans, sa mère lui annonce qu’elle va la marier à inconnu pour la somme de 9 000 dollars qui serviront à financer le mariage de son frère. La jeune femme décide alors de composer un morceau de rap et de mettre en ligne un clip réalisé par un ami. Brides for Sale (mariées à vendre) raconte sa vie et devient bientôt un hymne à l’espoir pour des milliers de femmes dans le même cas (on estime le nombre de jeunes femmes mariées de force à 15 millions chaque année). Une association remarque le clip et lui permet de s’enfuir vers les Etats-Unis où désormais seule, elle vit et étudie.

​Le 9 octobre dernier, elle était invitée au Women in the World summit de Londres et lors d’une conférence, elle est revenue sur son histoire et sur le sort réservé aux filles en Afghanistan. « Dans mon pays, une bonne fille doit se taire, ne doit pas parler de son avenir, et écouter sa famille même si on lui dit d’épouser untel ou untel. Une bonne fille est comme un chien avec lequel on joue« , explique-t-elle. Selon l’ONU, 15% des Afghanes sont mariées avant l’âge de 15 ans, une tradition illégale. Et de tous les mariages organisés dans le pays, entre 60 et 80% sont en réalité forcés.

Sonita Alizadeh ambitionne de devenir une porte-parole de la condition de ces femmes. « J’ai pu m’en sortir grâce à mes amis et ma chanson. Maintenant, je veux montrer à d’autres jeunes filles qu’elles ne sont pas seules, qu’elles peuvent avoir un soutien. » « Ma famille a changé d’avis. Si je peux les faire change d’avis avec ma musique, alors peut-être que je peux changer le monde » Un documentaire retraçant son combat a été projeté en novembre lors de l’International Documentary Film Festival à Amsterdam.

Source : aufeminin

A propos de l'auteur

Déborah Larue
Créatrice de Spanky Few

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