Dans un monde où triomphe encore la rationalité scientifique, l’intérêt pour des formes alternatives de relation au monde et aux autres est de plus en plus vif. Nous acceptons de plus en plus le fait que l’humanité est un infime moment de l’histoire de la planète. Dans cette optique, la Gaîté Lyrique lance une exposition étonnante – du 7 avril au 17 juillet 2016- mêlant sciences et surnaturel : Extra Fantôme.

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D’abord théâtre, puis temple de l’opérette, parc d’attractions ou encore lieu de raves interdites, les époques ont traversé la Gaîté Lyrique en la peuplant de mémoires et d’histoires. Face à cette maison hantée, Extra Fantômes explore des visions du fantôme, à travers le prisme de notre culture numérique. On y questionne d’abord la capacité du numérique à nous connecter à l’impalpable et à l’occulte. Puis la visite évolue vers la réalité fantomatique de notre existence technologique, en explorant les champs invisibles, la surveillance automatisée et culmine avec nos propres tentatives de devenir des fantômes aux yeux des machines. Miroirs hantés, surveillances invisibles, maisons vivantes, cyborgs de l’occulte, phénomènes incroyables, machines spectrales, ondes impalpables et existences virtuelles : la nouvelle exposition de la Gaîté lyrique présente une sélection d’œuvres contemporaines sur diverses figures du fantôme : les vrais, les faux… Et l’incertain.

les faux

Acceptez l’irrationnel. Laissez vos peurs subconscientes prendre le pas sur la logique.   Croyez-en la magie. Hantée, la Gaîté Lyrique fissure les murs retenant notre imaginaire le plus sombre en invoquant les spectres, hybrides, cyborgs et autres monstres produits par les moyens de notre époque. Noirceur, passages secrets, environnements fantasmagoriques, cette partie de l’exposition est une promenade mystérieuse, aux frontières de l’inexplicable, parsemée d’illusions et d’expériences mystiques.

les vrais

Les machines envahissent notre quotidien de manière imperceptible : elles occupent les champs électromagnétiques, wifi, surveillent notre monde avec leurs optiques et leurs propres systèmes sensoriels. Nous recourrons à des technologies pour nous protéger de champs invisibles, échapper à l’oeil robotique…assombrissant les limites entre fiction et réalité. Nous développons des outils et des techniques pour rééquilibrer le rapport de force et nous transformer à notre tour en fantômes aux yeux des machines.

l’incertain

L’incertain ? Entre les illusions, les spectres de l’imaginaire, les invocations mystiques, les croyances et les certitudes, les ombres de nous-mêmes ou les cyborgs de l’au-delà, qui existe vraiment ? Où se situe l’impalpable frontière entre ce qui existe et ce qui n’existe pas ? À la fin de la visite, chacun d’entre nous sera libre d’inventer son propre territoire et sa propre mythologie.

Pensée comme un parcours complètement immersif, la scénographie de l’exposition Extra Fantômes propose une exploration – et des rencontres – à la fois ludique, étrange et poétique. L’exposition offre une nouvelle expérience du fantôme : il n’est pas seulement maison hantée et films d’horreur, mais prend au contraire toutes sortes de visages. La scénographie rend donc hommage à toutes les formes de fantômes contemporains, en créant des lieux multiples, imaginaires ou réels, où ceux-ci pourraient se cacher.

Construite en 4 parties – les Ténèbres, la Chambre rouge, la Salle de contrôle et le Bunker – le visiteur plonge dans un circuit de passages secrets, d’univers fantasmagoriques, de vision incertaines :

• Les Ténèbres mettent en scène les codes du manoir hanté : noirceur, suspense, spectres et visions incertaines.

• La Chambre rouge fait place à l’occulte et au fantasmagorique et prend des allures de rêve étrange.

• La Salle de contrôle renvoie directement au monde réel à travers des codes scientifiques et laboratoires où l’on découvre les dimensions cachées de notre cohabitation avec le monde technologique. On y découvre des champs invisibles, on y apprivoise la surveillance robotisée.

• La dernière partie, le Bunker, initie le visiteur à divers stratagèmes que les artistes explorent pour enfin disparaître et devenir des fantômes aux yeux des machines.

A propos de l'auteur

Déborah Larue
Créatrice de Spanky Few