Avoir un rapport sexuel avec un robot, ça vous parait incongru ? Il se pourrait cependant que cela devienne une norme d’ici quelques années…

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Le 19 et le 20 décembre dernier s’est tenu à Londres le deuxième congrès international sur l’amour et le sexe avec des robots. Un événement qu’on n’aurait jamais imaginé exister il y a encore quelques années. Et pourtant, la sexualisation des robots a fait son chemin depuis quelques mois.

C’est ainsi qu’en Suisse, l’entrepreneur Bradley Charvet prévoit d’ouvrir un « caféllation » : pour 60 dollars, les clients auront le droit à un café et à une fellation prodiguée par un robot humanoïde. Aux États-Unis, la poupée gonflable est out et la société Abyss Creations mettre en vente cette année des sex-robots aux parties génitales ultra-réalistes.

Selon le magazine Marie-Claire, en Nouvelle-Zélande, les chercheurs Ian Yeoman et Michelle Mars, de l’université Victoria de Wellington, prévoient que d’ici à 2050, la généralisation de ces robots mettra fin au trafic d’êtres humains et que le travail du sexe mécanisé supprimera criminalité, culpabilité et maladies sexuellement transmissibles.

Comment expliquer ce phénomène ?

Pour Kathleen Richardson, chercheuse à l’université de Montfort, il s’agit d’une volonté de déshumaniser la femme et de s’en approprier le corps. Le propos n’est pas étonnant quand on sait que la majorité des sex-robots sont modelés selon le corps féminin. Et pourtant, doit-on forcément y voir une démarche sexiste ? La réalité semble plus complexe, surtout quand on considère l’étude du spécialiste Ian Pearson. Selon lui, des rapports sexuels « instinctifs » avec des robots humanoïdes seront possibles d’ici 2025 et c’est la cible féminine qui se montre la plus intéressée.

La situation est surtout symptomatique de notre époque où la recherche du partenaire (sexuel et de vie) parfait est devenue une priorité. Avec le robot, pas de déconvenue comme le souligne David Levy – à l’initiative de l’événement londonien : Les robots du futur seront « patients, gentils, protecteurs, aimants. Jamais jaloux, vantards, arrogants, brutaux. A moins évidemment que vous ne le souhaitiez ». Pour lui, se marier avec un robot pourrait bientôt devenir banal tant ceux-ci seront perfectionnés et proches de l’humain parfait. Toujours selon Ian Pearson, les performances sexuelles des robots pourraient être bien supérieures à celles des humains d’ici 2050.

Le partenaire parfait serait donc un robot ?

Cette question nous renvoie à notre définition individuelle de la perfection. Attend-on un(e) partenaire sans aucune faille et en ce sens, sans aucune aspérité ? Est-on vraiment à l’aise avec l’idée de créer un être parfait bien qu’artificiel ? Et si le nouvel eugénisme était robotique ?

Sources visuelles : NYT / Mirror

A propos de l'auteur

Déborah Larue
Créatrice de Spanky Few