** Notre chroniqueuse musique, Eugenie Goloschapov, partage avec nous son expérience de Wyker, une toute nouvelle application musique **

Voyant depuis peu un nouveau logo apparaître dans le paysage des applications dédiées aux concerts, j’avais envie d’en savoir plus et de rencontrer sa jeune créatrice : Morgane Canastra.

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L’application WYKER

Présente-nous l’application, ce qu’elle offre. Quand est-elle sortie ?

WYKER est une application qui suggère des évènements musicaux aux utilisateurs en fonction de leurs goûts et de leur localisation. Elle est sortie officiellement début novembre et est disponible sur l’App Store et sur Google Play.

Tu en es la cofondatrice, avec qui as-tu cofondé l’application ?

J’ai cofondé l’application avec une amie proche : Marie-Pierre, qui s’occupe du brand content, et nous avons mis au point l’application avec deux amis développeurs avec lesquels nous nous sommes associés.

Comment as-tu eu cette idée ?

Je suis une grande fan du groupe électronique allemand Kraftwerk et l’information de leur concert à la fondation Louis Vuitton ne m’est jamais arrivée aux oreilles. Je l’ai su deux jours après la date du concert en regardant les affiches dans le métro. Je me suis dit qu’il y avait forcément une application qui existait pour que ce genre de situation ne se produise pas. Je n’en ai pas trouvé en français, j’ai donc envisagé d’en créer une moi-même.

Ce que WYKER apporte c’est la personnalisation des propositions de concerts en fonction des goûts musicaux de l’utilisateur. Est-ce vraiment pertinent pour quelqu’un qui aime par exemple un style très précis d’électro ou de metal ?

En effet, les styles sont très généralistes, car ce sont ceux répertoriés par Digitick, le distributeur de tickets de spectacles. Ce que l’on aimerait à terme, c’est déployer aussi les styles de « niches » pour toucher également ce public et rendre l’application davantage pertinente. On espère pouvoir le mettre en place dans la version 2 de WYKER, qui est pour l’instant prévue pour courant septembre 2017.

À l’inverse, comment cette application peut être pertinente pour quelqu’un qui aime tous les styles de musique ou presque ? Doit-il faire un tri par lui-même ?

Il pourra utiliser le filtre du périmètre géographique selon ses envies et ses déplacements !

 L’application développe un aspect de réseau social, quel est-il ? Qu’est-ce qu’il apporte ?

L’application permet de se signaler comme étant présent à un évènement et ainsi de voir quels autres Wykers sont également présents. Cela permet de créer des rencontres « In Event ». À la suite du concert, les Wykers peuvent partager leurs photos de la soirée avec la communauté.

 Penses-tu que cet aspect est indispensable au succès d’une application ?

Avec WYKER nous avons vraiment misé sur cet aspect donc oui, c’est indispensable pour nous, c’est même notre différence avec la concurrence.

On peut acheter des billets via l’application. Les billets sont –ils plus cher sur WYKER que sur les autres plateformes de vente ?

Les prix sont ceux de Digitick, car nous avons développé un partenariat avec eux. Si l’utilisateur souhaite acheter un billet via WYKER, c’est l’interface Digitick qui se charge dans l’application. Cela fait d’ailleurs partie de notre business model : Digitick nous reverse une commission par billet vendu grâce à WYKER.

Que proposez-vous pour fidéliser les utilisateurs ? J’ai entendu parler de points…

En effet, les utilisateurs peuvent gagner des Wykepoints en fonction de leurs participations aux évènements. C’est ce que l’on appelle la « gamification » : nous avons ajouté un aspect ludique, qui permet de fidéliser les utilisateurs. L’idée à terme est de pouvoir dépenser ses points dans des boutiques de disques, auprès de labels vendant des produits dérivés, auprès des artistes, etc. Nous développons le partenariat dans ce sens.

J’ai vu que l’on pouvait noter les évènements. Je pense que les évènements ne sont pas un produit, leur qualité dépend du lieu, de la forme de l’artiste ce jour-là, du public… Et surtout ça n’est pas un service ! Comment peut-on noter un concert objectivement, et quelle en est l’utilité ?

L’idée est d’engager l’utilisateur. Ils peuvent avoir besoin de partager leurs sentiments après un concert. Nous réfléchissons d’ailleurs à la possibilité de rédiger des commentaires, ce qui nous semble davantage pertinent. Les artistes pourront même consulter les commentaires qu’ils auront reçus !

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Si l’on utilise Wyker sans jouer le jeu du réseau social : le service est-il rendu de la même manière ?

Absolument oui, il n’y a aucune pénalisation : seulement du bonus, si l’on joue le jeu.

Les fonctionnalités vont-elles être élargies ? Qu’est-il prévu ?

Nous avons prévu d’ajouter des fonctionnalités dans la version 2, qui est prévue pour le troisième trimestre 2017. Il y est prévu notamment une synchronisation avec les comptes DEEZER et SPOTIFY des utilisateurs afin qu’ils ne ratent plus les concerts de leurs artistes favoris, ou encore la mise en place très attendue des sous-genres musicaux.

L’application va-t-elle devenir payante ? Combien avez-vous d’utilisateurs aujourd’hui ?

Non, nous tenons à ce qu’elle reste gratuite. Depuis la mise en service de l’application (début novembre), nous avons 1000 utilisateurs, ce qui est un très bon départ !

Y a-t-il de la pub sur WYKER ?

En effet, il y a deux espaces disponibles pour la publicité : au niveau de la page de démarrage de l’application, ainsi que sur le fil d’actualité des concerts. Nos espaces disponibles permettent aux marques de cibler leurs publicités en fonction des styles musicaux favoris de l’utilisateur, de son périmètre géographique, des salles de concert qu’il fréquente et des artistes qu’il va voir en concert.

Y a-t-il une interface pour les professionnels ?

Pour l’instant non, il n’y a pas de profil particulier pour les professionnels, en revanche nous les invitons à nous contacter.

Les organisateurs de concerts, les labels et même les artistes peuvent relayer l’information d’un évènement via WYKER, ils peuvent payer 9,90€ pour promouvoir un évènement, ou alors acheter un « pack events » de plusieurs crédits évènements et ainsi accéder à des prix plus attractifs. Quant aux annonceurs, ils peuvent bénéficier d’espaces publicitaires ciblés, comme déjà précisé.

Grâce à la « gamification » et au système de WYKEPOINTS, les labels et autres boutiques pourront proposer en échange des réductions sur leurs produits.

 

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Comment devenir créateur d’application ?

T’es-tu improvisée créatrice d’application ?

Pas vraiment, car auparavant j’ai été chef de projet Digital. J’avais donc bien en tête la méthodologie de gestion de projet, en revanche j’ai découvert l’entrepreneuriat en créant WYKER.

Qui développe l’application ?

Je travaille avec deux amis développeurs avec lesquels je me suis associée. Il s’agit même d’un couple d’amis Bertrand et Lola : l’un est développeur Android et l’autre développeur IOS. Ils se complètent parfaitement !

Comment t’y es-tu prise ?

D’après mon idée j’ai décrit toutes les fonctionnalités sur papier, j’ai créé le storyboard puis le design et l’identité visuelle, enfin les spécifications fonctionnelles afin que les développeurs puissent travailler sur le projet.

As-tu eu des sponsors pour le lancement du projet ?

Non, nous avons tous travaillé bénévolement.

As-tu été la seule à croire en ton idée ?

En réalité mon idée de départ concernait tous les types d’évènements culturels, et j’avoue que mes associés y croyaient, mais sans plus. On s’est finalement recentrés sur les concerts, car nous avions tous vécu la même frustration de rater un évènement musical auquel on aurait adoré se rendre.

Nous étions tous d’accord sur le fait qu’il manquait une application avec des fonctionnalités communautaires pour que cela n’arrive plus !

Comment as-tu trouvé le nom et l’identité visuelle ?

Je voulais un mot à deux syllabes pour que cela soit simple à retenir, puis je voulais que l’on puisse le décliner facilement en d’autres formes de mots : par exemple on peut dire « combien de Wykepoints as-tu ? ». En ce qui concerne l’identité visuelle, je voulais que les couleurs fassent penser au milieu de la nuit. J’ai donc choisi le violet qui fait penser à l’obscurité, puis le bleu azur pour un effet néon. J’ai choisi une police libre de droit qui met en valeur la lettre « W ». Cette lettre est d’ailleurs devenue le logo de l’application.

Quel est ton rôle au sein de WYKER aujourd’hui ?

Comme c’est l’idée que je porte depuis plus de deux ans, je suis la présidente et CEO de WYKER. Je le vois plutôt comme une philosophie professionnelle, en tous cas c’est ce qui me fait me lever le matin, car j’ai arrêté mon activité professionnelle pour mieux m’y consacrer.

Combien de temps s’est écoulé entre l’idée et la création de l’application ?

J’ai eu l’idée il y a deux ans. Je l’ai laissée mûrir dans ma tête pendant une année, mis le projet sur papier, puis le développement a commencé il y a un an. L’application a vu le jour quasiment un an jour pour jour après le début du développement.

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Faut-il avoir THE idée ?

Tu n’es pas la première à me poser cette question, on pourrait en discuter des heures ! Si je devais résumer je dirais que si l’on croit en son idée et que l’on a envie de l’emmener jusqu’au bout, alors c’est « THE idée ».

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite créer une application ?

Je dirais qu’il faut surtout croire en soi, croire en son idée, ne pas forcément écouter ses proches, car ils sont souvent réticents à la prise de risques que cette aventure représente pour celui qui se lance, et surtout il faut être déterminé. Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir de l’expérience, car on peut formuler une idée avec ses propres mots et du bon sens. La détermination fait le reste.

Télécharger Wyker : App Store / Google Play

A propos de l'auteur

Eugénie Goloschapov

Chroniqueuse Innovation & Tech