Repenser le concept d’habitat collectif est depuis quelques années un enjeu majeur pour les communes. Ces dernières misent en particulier sur la végétalisation. Celle-ci est aujourd’hui synonyme d’un nouveau mouvement : les fermes urbaines, qui mixent HLM et consommation écoresponsable.

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De Romainville à Toulouse en passant par Tours, de nombreux projets de fermes urbaines voient le jour en France. Partons  à la découverte de ces projets ambitieux et aussi bon pour l’environnement que pour le moral !

Romainville : la première cité maraîchère de France

En avril 2019, les habitants du quartier Marcel-Cachin à Romainville (Seine-Saint-Denis) pourront découvrir une tour de plus de 20 mètres construite au coeur des logements sociaux. Dans cette tour en verre poussent des fruits et légumes à raison de 16 tonnes par an, soit la consommation de 200 personnes. « L’idée, c’est de réintroduire le maraîchage dans notre ville, en faisant de l’économie sociale et solidaire, explique Corinne Valls, maire de Romainville. Mais aussi de créer une nouvelle filière économique, en mettant l’accent sur le bol alimentaire. On achètera plus facilement des carottes qui ont poussé à deux pas de chez soi. »

Tours : une ferme urbaine de 2 000m2

À Tours, le futur quartier Les Jardins Perchés comprendra l’une des fermes urbaines les plus étendues de France. La résidence sera composée de trois bâtiments de trois étages reliés par des passerelles aériennes et abritera 75 logements du T1 au T5 . À leurs pieds, un jardin avec 1 200 m² de surfaces cultivables et, sur les toits, 776m² de serres hydroponiques. Le tout sera exploité par un maraîcher professionnel et garanti zéro pesticide. « Le but est de renouer un contact entre l’urbain et la culture maraîchère tout en créant du lien social”,  expliquent les dirigeants de Tour(s)Habitat, le bailleur social de l’immeuble.

Toulouse : un maraîcher prend le pouvoir

Bertrand Desgranges a transformé les espaces verts de deux cités HLM de Toulouse Métropole Habitat, en jardins potagers et fleuris. Chaque récolte est donnée aux habitants de la cité : « Sur les deux sites, 500 à 600 m2 de partie maraîchère ont été développés. L’idée est que les gens viennent m’aider. Je suis garant du fonctionnement du jardin. Je passe autour de 25 heures au total sur les deux sites par semaine, ceci en moyenne sur l’année. Je suis davantage là au printemps et en été qu’en hiver, où il y a moins de travail. Au printemps prochain, je vais planter tout ce qu’il faut pour la ratatouille : tomates, courges, poivrons. Et pois chiche, haricots, petits pois, pourquoi pas melons, mais c’est très technique. J’aimerais que les locataires m’amènent leurs propres graines. J’arrose peu, je paille beaucoup, cela donne des tomates très concentrées en goût. Les habitants sont un peu surpris. Je vais rajouter des fleurs, des haies, du noisetier pour avoir des tuteurs. On paille avec la tonte, les feuilles mortes, j’essaye d’instituer un cercle vertueux, durable. Aux Izards, des écoles sont venues, le centre social, le centre d’animation, ça a bien plu.« 

Sarcelles : les habitants construisent un potager au coeur d’un quartier

Au cœur de la résidence Saint-Saëns et sous l’impulsion d’un couple de passionnés de jardinage, les habitants ont dessiné et développé un potager de 25 bacs dans un square qui jusqu’à maintenant, était un lieu abandonné. Une excellente manière de renouveler le paysage urbain tout en créant un lien entre les habitants.

Source : Wedemain

A propos de l'auteur

Déborah Larue
Créatrice de Spanky Few